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Le butô : danser comme un débutant

8 Dec

Grand, élancé, dessiné avec douceur et précision, son corps semble si léger et si simple à vivre. Ce corps là, Anne-Laure l’a façonné pour danser le butô. ”On construit le corps dont a besoin”, dit-elle.

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Bruxelles, coquillages et crustacés

1 May

Durant le mois d’avril, l’émission  “Sous les pavés…Bruxelles” est parti  à la découverte du passé portuaire du quartier Sainte-Catherine dans le centre de Bruxelles. Les rues “Quai aux Briques” “Quai au Bois à Brûler” nous rappellent que jadis, la Senne coulait dans les rues de la ville. Il y avait alors des marchands de poissons et des petites vendeuses de citrons. Si la Senne est maintenant enterrée, la tradition poissonnière de ce quartier subsiste. Sous les pavés Bruxelles s’est rendu dans ces restaurants et bars à poisson où plus d’un viennent se lécher les babines, un verre de vin blanc à la main…

Place Sainte-Catherine, Bruxelles, avant

Podcast de l’émission

(“Sous les pavés Bruxelles”, 2e jeudi du mois, 18-19h, Radio Panik 105.4, réalisée par Aurélie Marchand, Emilie Pommereau et Aurélie Brousse).

Liens :

Le quartier Sainte-Catherine et les anciens quais

La place du marché aux poissons, avant/après

Un canal dans Bruxelles, bassin de vie et d’emploi

Les eurocrates à Bruxelles

21 Mar

A Bruxelles il y a les Portugais à Ixelles, les Brésiliens à Forest, les Congolais à Matonge, les Turcs à Saint-Josse, les Espagnols à Saint-Gilles… Mais il y a aussi les “eurocrates”.

Ils fréquentent les quartiers autour du Parlement européen et de la Commission européenne : de la place du Luxembourg jusqu’à la place Jourdan, en passant par les communes d’Ixelles et Etterbeek.

Ils parlent plusieurs langues, ils ont fréquenté les meilleures écoles, souvent ils ont beaucoup voyagé.

Pour eux, Bruxelles est avant tout le lieu de l’accomplissement de leur projet professionnel. Le “net-working”, devient le sport international.

L’équipe de Sous les pavés… Bruxelles est partie à la rencontre de ces Européens pour savoir quelles visions ils avaient de Bruxelles. Reportage.

En direct dans les studios de Radio Panik, nous avons ensuite reçu Carlo Luyckx, directeur du Bureau de Liaison Bruxelles-Europe, qui s’occupe d’accueillir les expatriés à Bruxelles.

Pour écouter le podcast de l’émission : http://www.radiopanik.org/spip/L-Europe-a-Bruxelles-Bruxelles-en

La Suède ne connait pas la crise

15 Mar

Gunnar WetterbergLe site belge rtbf.be fait le point sur la gestion de la crise dans les différents pays européens. La Suède apparaît comme un modèle de réussite économique. A l’heure où certains pays subissent des cures drastiques d’austérité, le pays d’Ikea, de Skype et de H&M affiche un surplus budgétaire de 2%. En réalité, il a déjà dû prendre des mesures pour faire fasse à la crise bancaire entre 1990 et 1992.

Regardez ici la video de l’historien Gunnar Wetterberg : Comment se porte la Suède ? Ci-dessous un résumé de son interview.

La Suède a testé la cure d’austérité

La crise des années 90 était tellement forte que nous avons été contraints de remodeler la Suède, d’introduire des nouveaux instruments de finance. En conséquence, la crise des subprimes n’a pas eu un impact aussi terrible que dans les autres pays, parce que nous nous étions déja préparés à la crise...”

La couronne suédoise était fortement attaquée par des grands financiers comme Soros. On a beaucoup  perdu dans les exportations, on avait un déficit budgétaire de l’Etat de 10 à 12%. Le taux de chômage a augmenté de 2 à 3% pour atteindre 8% en 1992.

On a essayé de rayer le déficit budgétaire, on a diminué les dépenses et augmenté les impôts. Quatre à cinq années ont été nécessaires pour rééquilibrer le budget. On a introduit une loi budgétaire pour obliger l’équilibre du budget ce qui a discipliné les finances publiques.

Si le budget n’est pas équilibré, il n’y a pas de sanctions, mais c’est très difficile politiquement. C’est l’électorat qui punit. Ce sont des gouvernements d’austérité qui ont gagné les dernières élections en Suède.

Des citoyens d’accords

La politique de la social-démocratie qui a fait le succès du modèle scandinave a été remis en question durant la crise bancaire. Toutefois, l’un de ses principes essentiels a été préservé :  l’égalitarisme. Il semblerait qu’il soit garant d’une certaine harmonie politique et économique en Suède.

Le secret des Suédois ? le consensus. Le fait qu’on discute, qu’il n’y ait pas de fortes contradictions sur le plan politique et que les partenaires sociaux s’entendent assez bien.”

“C’est très rare qu’on fasse grève. Ce qui est bien, c’est qu’on a réelle augmentation des salaires, comme dans les années 50 et 60.

La discussion est un outil pacifique que les Suédois utilisent sans modération. On prend un “fika”, un café, on s’installe autour d’une table, dans la salle de détente aménagée par l’entreprise, dont le design en bois et blanc peu original est toutefois apaisant et on discute. On discute pendant des heures, tranquillement, sans couper la parole, sans céder à la tentation de défendre son ego (cf. la loi de Jante), jusqu’à ce qu’on parvienne à tous se mettre d’accord. Agréable ou ennuyeux ?

Le canal de Bruxelles en voie de gentrification

25 Oct
Ballade en péniche sur le Canal de Bruxelles organisée par le festival Plein Open Air

Ballade en péniche sur le Canal de Bruxelles organisée par le festival Plein Open Air

De Molenbeek à Cureghem, le canal de Bruxelles longe des quartiers populaires, des zones industrielles et parfois des terrains abandonnés. Des promoteurs immobiliers voudraient réaménager ces quartiers en bordure du canal pour y construire des immeubles de luxe, une marina, un centre commercial…

Si certains de ces projets sont encore hypothétiques, des tours d’immeubles sont en construction près de Tour et Taxis et à l’emplacement des anciens entrepôts Delhaize qui ont été détruits. Tout un passé industriel, toute une vie populaire sont menacés par des projets qui voudraient rendre le canal plus attractif pour une population qui arrive à la gare du midi par l’Eurostar et le Thalys.

Le festival PleinOPENAir organisé par le cinema NOVA se déroule chaque été dans un lieu clé de Bruxelles. L’été 2011, le POA s’est posé près du canal dans le quartier de Cureghem et des abattoirs d’Anderlecht afin de sensibiliser le public sur les transformations qui touchent le quartier.

Pour la maquette de notre émission Sous les pavés… Bruxelles prochainement sur Radio Panik, Aurélie Marchand, Aurélie Brousse et moi-même avons réalisé un reportage d’ambiance sur le festival POA et sur sa thématique liée au canal de Bruxelles

Notre invité Pierre Marissal a ensuite répondu à nos questions sur l’histoire du canal de Bruxelles et les enjeux actuels des projets de transformations.

Pour écouter l’émission : http://www.radiopanik.org/spip/Maquette-de-Sous-les-paves

Musique du générique :

Bibio, S’Vive

Programmation musicale :

La Tria 1070 feat. Cheb Bouaa, Laisse moi vivre

Le Pianc, Farm !

Invité :

Pierre Marissal, géographe à l’U.L.B. (Géographie appliquée et Geomarketing)

Le journal intime de l’auteur des attentats à Oslo

24 Jul

(Traduction de l’article du quotidien suédois Svenska Dagbladet)

Dans un document de plus de 1500 pages rédigé comme un journal intime, l’auteur décrit les préparations de l’attentat. Pour accomplir seul cette mission qu’il a conçu comme une opération marketing pour son manifeste, le meurtrier s’est drogué aux stéroïdes.

Une heure avant l’explosion des bombes, le document a été envoyé sous forme de mail à une série de personnes, dont le secrétaire du parti finlandais “Sannfinländarna” (parti nationaliste et populiste qui est arrivé en tête lors des législatives en Finlande en avril 2011) à Birkaland, Terhi Kiemundi. Le document mis en pièce jointe dans le mail était titré : Une déclaration européenne d’indépendance. L’auteur est un dénommé Andrew Berwick. Le texte explique comment l’Europe doit se débarrasser des musulmans.

L’auteur a aussi publié sur Youtube une vidéo de douze minutes qui résume le document et dans lequel il apparaît avec une arme automatique. Selon le bureau d’information NTB, ceci devait être le manifeste du meurtrier présumé. Selon les sources de la police, l’homme aurait avoué avoir publié la vidéo sur le net.

Le document décrit comment dans une première étape il a cherché les adresses mail des personnalités et des politiciens de l’extrême droite à travers l’Europe. Le meurtrier aurait réussi à obtenir 5 000 amis sur Facebook et 8 000 adresses mail.

Durant la deuxième étape, au mois d’août 2010, le meurtrier décrit comment il s’est procuré l’uniforme de police qu’il a ensuite caché dans la forêt norvégienne. Durant l’été, il a aussi essayé de se procurer une arme à Prague, sans succès. En décembre 2010, il décide alors d’obtenir en Norvège un permis de port d’armes. Il avait déjà un permis de chasse et une arme de chasse.

“Sur le formulaire d’inscription j’ai écrit “chasser du chevreuil”. Cela aurait été tentant de dire la vérité : “exécuter la catégorie A et B des marxistes culturels et des traîtres multiculturels”, seulement pour voir leurs réactions”, a-t-il écrit dans le journal intime.

Il explique à quels subterfuges il a recours pour obtenir les ingrédients chimiques nécessaires à la fabrication de la bombe. Il précise par ailleurs qu’il a suffisamment de substances explosives pour 20 bombes.

A plusieurs reprises le meurtrier parle d’une nouvelle connaissance rencontrée au sein de l’Ordre des Templiers (ndlr : je ne suis pas certaine de la traduction ici, Templar Knights en anglais) auquel il appartient et dont l’un des fondateurs serait un héros de guerre serbe.

Au mois d’octobre et novembre 2010, il obtient son permis de port d’armes et commande un modérateur de son à 800 euros pour une arme automatique ou semi-automatique.

“Maintenant je suis prêt pour l’étape chimique”. Il commande de la nicotine pure à 99 % sous forme liquide en provenance de Chine. “Cette substance sert à créer une arme mortelle”, explique le meurtrier.

Que fais-je lorsque je ne travaille pas ? Je suis en plein milieu d’une période de stéroïdes et je m’entraîne beaucoup“. Il dit considérer son corps comme plus ou moins parfait et précise qu’il tient à éviter les relations avec les femmes. “Cela pourrait compromettre mes plans et mettre en péril l’opération”.

Dans le document, le meurtrier dit se préparer à être lui-même abattu. Il envisage la possibilité de se réveiller à l’hôpital avec des blessures de tirs, mais cette alternative serait un cauchemar. Parce-que sa famille et ses amis prendraient des distances. Mais ce que le meurtrier redoute le plus, c’est le discours des médias : “ils vont tout faire pour déformer la vérité à propos de moi, à propos de l’Ordre des Templiers et de notre but”, écrit-il avant d’énumérer quelques exemples où il devine ce qui pourrait être rapporté.

Le meurtrier aurait écrit environ la moitié du document. “L’autre moitié est une collaboration avec des individus courageux du monde entier”, écrit-il.

Le meurtrier de 32 ans avoue dans son texte qu’il a failli être démasqué par la copine du propriétaire de la ferme dans laquelle il construisait ses explosifs.

Juste avant l’opération, l’homme se bourre de stéréoïdes et d’anabolisants. Il raconte qu’il est passé de 86 à 93 kilos en trois semaines et qu’il n’a jamais été aussi fort. Pour augmenter son endurance et sa ténacité, il utilise un mélange stimulant de cofféine, d’éphédrine et d’aspirine. Au mois de juillet, il fait part de ses inquiétudes quant à ses valeurs de foie. En même temps, il raconte qu’il a suffisamment de préparation pour 20 jours supplémentaires. Le jour d’après, il craint qu’une dose diminuée de stéroïdes va augmenter son agressivité. Il prévoit alors de se trouver des pillules qui rendent agressif.

Ca serait très utile pour une opération militaire choisie, surtout en combinaison avec des stéroïdes et un mélange d’éphédrine. Cela ferait de moi un surhomme, une armée en un seul homme en deux heures”. L’homme de 32 ans décrit les avantages d’agir seul. “Le vieux proverbe “si tu veux que quelque chose soit fait, fait le toi même” est très pertinent”, écrit-il quelques heures avant l’attentat terroriste. En même temps il souligne le risque de s’isoler de trop. “Tu peux perdre ceux qui t’aiment autour de toi”.

Le meurtrier de 32 ans estime que les attentats terroristes – la bombe dans le quartier parlementaire à Oslo et le massacre à Utöya – doivent être considérés comme une opération marketing qui contribue à faire connaître le manifeste au travers du monde entier.

Le meurtrier présumé aurait travaillé sur le manifeste durant neuf ans. A certains endroits le manifeste prend la forme d’un journal intime où il répond à ses propres questionnements, notamment sur les motifs qui l’ont poussé à préparer les attaques : la participation du gouvernement norvégien au sein de l’OTAN dans les bombardements de la Serbie en 1999.

Les bombardements américains et européens de nos frères serbes étaient complètement inacceptables. Tout ce qu’ils voulaient, c’était repousser l’islam en poussant les albanais musulmans à revenir en Albanie“.

(Source : Svenska Dagbladet)

Acheter, consommer, jeter. Récupérez !

27 Jun
Exposition Sopor, Nordiska Museet

Exposition Sopor, Nordiska Museet

Garder ou jeter ? Voici le dilemme le plus trivial et le plus quotidien. Que faire des vieux tickets de cinéma, des cours de l’université, d’un vieux pull trop bien, d’un cadeau pourri mais sentimental ? La gestion des déchets est devenue un enjeu écologique très important pour la société. Mais l’acte de jeter est souvent réduit à celui de trier. Pourtant jeter peut-être un geste symbolique et personnel devant lequel on peut se sentir nostalgique, indécis, dégoûté ou angoissé. L’exposition Sopor, “poubelles”, au Nordiska Museet propose une vision très humaine des déchets qui réussit le pari nécessaire de sensibiliser l’opinion.

Chaque Suédois produit en moyenne presque une demi-tonne de déchets par an, soit 500 kg de déchets contre 30 kg il y a un siècle. A l’entrée de l’exposition, deux tas de poubelles représentent proportionnellement la différence. Les poubelles détiennent une place importante dans nos vies.

Sopor, Nordiska Museet - Une femme qui ne peut se séparer de son vieux pull

Sopor, Nordiska Museet – Une femme qui ne peut se séparer de son vieux pull

On parle souvent de la consommation et de son processus, mais rarement de l’acte de jeter. C’est le constat duquel est parti Erik Ottoson Trovalla, un ethnologue suédois qui a collaboré à cette exposition. Il s’est rendu chez des Suédois pour filmer leurs poubelles et a constaté qu’elles suscitaient beaucoup de questions et d’émotions. Comment trier correctement avec tous les types d’emballages ? Que faire des choses dont on ne peut se séparer mais qu’on ne veut pas encore jeter ? Selon l’ethnologue, les gens  gardent des choses qui ont souvent peu de valeur mais auxquelles ils sont attachés par les souvenirs. Les jeter devient alors une souffrance. En attendant, ils les stockent dans une sorte de sas, de limbe pour les déchets en devenir. Finalement, que sont les musées sinon des collections de ce qui auraient pu devenir des déchets ?

L’être humain a une certaine tendance à accumuler des machins, des trucs, des “brols” (comme on dirait en Belgique). Pour lutter contre ce chaos qui s’installe inévitablement chez nous, il faut jeter. Qu’est-ce qui va à la poubelle, qu’est-ce qui va à la récup ? Que peut-on revendre, donner ou offrir ? On se débarrasse aussi de choses qui sont tout à fait en bon état. Mais voilà, on s’en lasse et cela prend trop de place. Sans s’en rendre compte, on consacre beaucoup de temps et d’énergie pour savoir ce qu’on va faire de nos ordures.

Stadsmission a lancé sa collection de sac réalisés à partir de tissus récupérés

Stadsmission a lancé sa collection de sacs réalisés à partir de tissus récupérés

Il fut des époques où on récupérait tout et raccommodait le moindre trou dans une chaussette. Après avoir consommé et jeté en masse, le recyclage et la récupération reviennent à la mode. Parfois une forme d’art à part entière, une véritable philosophie de vie pour certain, c’est surtout un nouveau moyen de consommer, plus écologique et plus économique. A Stockholm, les magasins de seconde main à vocation sociale Stadsmission fournissent une bonne partie des hipsters. On les trouve dans tous les quartiers et on peut y chiner des vieilles fringues, mais aussi des livres, des vinyles, de la vaisselle… En soi rien d’original. Mais la différence à Stockholm, c’est que les magasins Stadsmission sont parvenus à créer une image de marque, tendance et hype. Récemment ils ont lancé une collection de sacs réalisés à partir de tissus récupérés. En plus d’être écologique et durable, le sac en tissu est vraiment l’accessoire de mode ultra-tendance en ce moment.

Ce qui devient un déchet pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre. La radio suédoise P1 diffusait récemment un reportage sur le mouvement dumpstring et freegan, ces gens qui récupèrent de la nourriture dans les poubelles. On estime qu’1/3 de la nourriture en Suède part à la poubelle ce qui fait 900 000 tonnes par an (1,2 million de tonnes en France).

Pour ceux qui se posent des questions face aux ordures, consultez ce site en anglais : http://sopor.blogg.nordiskamuseet.se/en/

Une application iPhone pour réussir son barbuc

20 Jun

Comment réussir la cuisson de sa merguez ou de sa côtelette de porc ? Quelle sauce choisir pour accompagner les légumes ? Quel fromage griller ? Autant de questions qui surgissent en cette période d’été propice au grillfest, le barbecue suédois.  En Suède on affronte le problème sans tabous. On assume son incertitude et on est avide de bons conseils, les fameux tips. Après le journal spécialisé dans le barbuc, la compilation CD spécial barbuc, il existe désormais des applications iPhone pour réussir son barbecue.

Comme dans beaucoup d’autres domaines, les suédois essayent toujours de s’améliorer et de se perfectionner. On part du principe que tout le monde a le droit d’accéder à des conseils pratiques et on essaye de résoudre les problèmes avec pragmatisme. Comment parler d’alcool avec ses enfants (le System Bolaget, la société publique qui détient le monopole de la vente de l’alcool, diffuse une campagne publicitaire à ce sujet en ce moment), comment mieux faire son jogging, comment bien se comporter dans le métro pour le bien-être de tous etc… Ce qui peut parfois donner lieu à des formulations très pédagogiques, où clairement on se demande si on est pris pour un idiot ou pour un enfant. Mais non, on met de côté sa fierté et son orgueil et on accepte de prendre les bons conseils. Car c’est pour notre bien. Pour le bien de tous, j’ai trouvé rigolo de partager quelques conseils concernant l’art de la grillade.

Que tu sois vétéran ou débutant, les applications barbuc des smartphones peuvent t’aider à être plus efficace et à améliorer ta façon cuisiner“. (Södermalmsnytt).

Voilà 5 tips pour réussir son barbuc :

1- SE PREPARER pour griller en toute tranquilité. S’assurer que tout est prêt dans la cuisine pour éviter de faire des allers retours à droite et à gauche.

2- ATTENDRE qu’il y ait suffisamment de braises et que l’allume-feu ait entièrement brûlé. Cela prend souvent plus de temps que l’on croit (20 à 30 minutes après avoir allumé).

3- LAISSER TOMBER L’ALLUME-FEU CHIMIQUE qui abîme le goût et utiliser plutôt du charbon.

4- N’AYEZ PAS PEUR d’expérimenter, apprenez de vos erreurs et testez volontiers de nouvelles choses…

5-… MAIS PAS lorsque vous avez des invités.

Pour les applications et les sites Internet (en suédois…) :

grillguide.se et igrillmaster.

Le standard égalitaire à la suédoise

10 Jun

Ikea et H&M sont deux beaux exemples suédois de standardisation. Pratiques, pas cher et stylisés, les produits qu’ils proposent sont à la portée d’un large public tout en conservant une certaine qualité, ou plutôt, un certain standard.

Si la société suédoise est aujourd’hui en pleine mutation culturelle, elle semble encore marquée par une certaine standardisation qui trouve ses origines dans la politique de la social-démocratie. Partant du principe d’égalité, tout le monde doit pouvoir bénéficier d’un niveau de vie correct… standard.  L’Etat suédois, fort et protecteur (dans les années 50 à 70), a veillé à faire régner ce principe, au point que certain ont qualifié la Suède de dictature égalitaire.

Un logement pour tous

L’exposition Möblerade rum (“chambre meublée”), au Nordiska Museet à Stockholm (“le musée nordique”) raconte l’évolution du logement en Suède sur un siècle. “Boring”, me direz vous. C’est certainement ce qu’a pensé le couple de touristes américains qui a traversé la salle en ligne droite, tout en lançant nonchalamment, “It all looks like IKEA anyway”. Justement.

Un des exemples qui illustre le phénomène de standardisation est la politique du logement instaurée par l’Etat entre les années 30 et 70. Il s’agissait de remplacer les vieux appartements, petits, sombres et insalubres par des logements spacieux et fonctionnels. L’Etat s’était donné la priorité de financer la construction en masse de logements pour fournir à tous un standard décent d’habitation.

Petite anecdote personnelle

Pour moi cette exposition a confirmé beaucoup de mes impressions que j’avais, lorsque petite, je passais mes vacances d’été chez morfar (grand-père maternel) à Stockholm. Son appartement situé dans un immeuble des années 70 était mon premier terrain d’observation de la culture suédoise.

J’ai toujours fait attention à des détails un peu idiots, comme la poignée de porte, la serrure, les ustensiles de cuisine, le porte manteau (oui, je sais ça parait complètements débile). Des petits détails que je rattachais à la Suède parce que je ne les voyais jamais ailleurs. Lorsque je suis rentrée pour la première fois dans l’appartement que je loue actuellement, j’ai reconnu les même éléments : même porte, serrure et poignée, les mêmes boutons dans l’ascenseur, le même porte-manteau à l’entrée…  C’est pas possible, soit je suis monomaniaque, soit il y a quelque chose, ça vient de quelque part. Maintenant je sais d’où.

Le processus de modernisation

Le manque de logement et les conditions sanitaires misérables ont poussé l’Etat suédois à prendre en charge la question du logements dès les années 30. Les appartements étaient vieux, étroits, sans eau courante ni toilettes. L’urbanisme s’est mis au service du social pour construire des quartiers entiers selon le principe de l’époque, le fonctionnalisme : des maisons pouvant accueillir des familles nombreuses au faible revenus et des rues piétonnes. L’exposition de Stockholm en 1930 présente cette nouvelle notion du fonctionnalisme qui comporte un programme social.

C’est aussi à ce moment que les designers suédois attirent l’attention du public sur les nouvelles formes de leurs meubles fonctionnels. La chaise que l’on voit à droite sur la photo, baptisée Eva par son designer Bruno Mathsson est devenu un classique suédois. Le designer aurait trouvé la position assise idéale en s’asseyant sur un tas de neige qui lui inspire la forme de la chaise.

Hemmens forskningsinstitut, Nordiska museet

Hemmens forskningsinstitut, Nordiska museet

Dans les années 40, l’ institut de recherche sur le foyer, Hemmets forskningsinstitut s’applique à mesurer l’énergie dépensée par une femme dans une cuisine. Il s’agissait de faire rentrer la science dans le logement pour rationaliser l’agencement du foyer et le travail à la maison. Cela a permis par exemple, de construire des cuisines plus pratiques pour que la femme au foyer se fatigue moins (no comment).

Les années 50 sont marquées par une forte croyance dans l’avenir, les nouveaux matériaux et les nouvelles techniques : l’inox, le plastique et le grille-pain symbolisent la modernité. Les quartiers fonctionnels deviennent des villes de banlieues avec des espaces verts et des centres commerciaux afin de tout avoir à proximité. A partir de 1950, l’Etat suédois construit à peu près 60 000 appartements par an.

Cette politique du logement continue avec le Miljonprogrammet, “le programme du million” qui prévoit de construire un million de logements entre 1965 et 1974.

Un standard qui aplanit les inégalités et… les différences

Ce processus de modernisation a contribué à construire un standard de vie convenable pour tous en Suède. Est-ce typiquement suédois ? Tous les pays occidentaux ont vécu les “Golden Sixties”. Mais l’Etat suédois s’est réellement concentré pour mener une politique sociale élaborée et prévenante.

Un dernier exemple illustre l’Etat protecteur. Entre les années 30 et les années 60, l’Etat prodigue des conseils dans différents domaines comme la santé, le ménage, les bonnes manières, le travail. Il était par exemple vivement conseillé de manger six tranches de pain par jour, l’équivalent finalement de notre “manger cinq fruits et légumes par jour”. Mais c’était carrément une matière enseignée à l’école : Hemkunskap, “le savoir du foyer”. On y apprend quelle est la hauteur idéale de la chaise pour être bien assis à table, à quoi faut-il penser lorsqu’on déménage, comment faire la vaisselle etc.

Livre d'école sur le savoir du foyer   
Livre d'école sur l'hygiène et la santé

Livre d'école sur l'hygiène et la santé

Kenneth Granholm travaille comme assistant au département religion de la Stockholms universitet. Lorsque je lui demande à quoi croient les suédois, si ce n’est plus en dieu, il me répond : Folkhemmet, “le foyer du peuple” (le mot hem qui veut dire “chez soi”, “à la maison”, n’existe pas en français et démontre déjà que le lieu de vie privé est une notion très importante en Suède).

Un certain standard d’habitation et de vie en général a fait émerger une certaine norme, une certaine uniformité. On peut relier ce phénomène avec la loi de Jante selon laquelle il est mal vu de se distinguer de la masse. Ce sont des aspects que je trouve encore palpables dans la société suédoise, même si cette uniformité tend à s’effacer de plus en plus avec le métissage culturel.

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