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Rhye, d’une sensualité suprême

8 Mar
Rhye - "Woman"

Rhye – “Woman”

Le concert de Rhye ce mercredi au Botanique affichait complet. Pourtant rien, pas une annonce, pas de chronique sur la toile, sauf quelques articles canadiens. Je me dois de faire quelque chose.

Un matin d’hiver, la radio décore le silence de mon salon,  j’entends ce piano, ces notes entêtantes et cette voix nonchalante. C’est le coup de foudre. The Fall. Et puis il y a ce clip, terriblement mélancolique et sensible. Le style scandinave ne m’échappe pas. Pour cause, dans la vidéo l’homme feuillette un livre d’illustration d’un célèbre dessinateur danois… Ma curiosité est piquée. Mais qui est Rhye ?

Rhye est un duo formé à Los Angeles par le chanteur Mike Milosh originaire de Toronto et l’auteur-compositeur et réalisateur danois Robin Hannibal. Ils ont cultivé un temps le mystère sur leur identité, la voix féminine de Mike  brouillant les pistes. Lorsque le voile s’est progressivement levé sur le duo énigmatique, on a découvert que Mike Milosh est aussi un artiste de musique électronique qui a sorti deux albums sur le label Plug Research et Robin Hannibal une figure montante de l’électronique danoise. A deux ils ont donc créé Rhye et ont sorti leur premier album “Woman”, dans les bacs lundi prochain mais présenté en avant-première lors de leur concert à Bruxelles. Un avant-goût prometteur.

Tous les sièges sont occupés dans le Witloof bar, la salle voûtée au sous-sol du Botanique. La musique de Rhye s’y love parfaitement. Le violon, le trombone, le synthétiseur sonnent d’une extrême justesse avec la voix magnifique de Mike. La musique est calme, douce, mais il est impossible de rester immobile. Sur l’ un des derniers morceaux entre acid jazz et funk, les musiciens se sont laissés aller à quelques improvisations et envolées rythmiques. Magnifique. Sauf que. L’ensemble des morceaux est apparu quelque peu linéaire, toujours la même tonalité, les mêmes effets.

Il a tout piqué à la ‘Ritournelle’ de Sébastien Tellier“, me glisse à l’oreille mon amie. C’est vrai, la ritournelle entêtante du piano dans The Fall fait furieusement penser à celle du musicien français qui l’a rendu célèbre. “On dirait Sade” ajoute-t-elle. C’est exactement ça, entre la pop de Sébastien Tellier à l’époque de son album “Sexuality” et la soul sensuelle de Sade, Rhye se fraie un chemin et traverse des contrées envoûtantes, touchantes, excitantes… Toutefois, le voyage peut sembler long et un peu monotone ; on a parfois l’impression de nager dans du sirop. Mais c’est bon le sirop. Tout est dans le paradoxe. A déguster avec parcimonie.

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Playlist de l’automne

13 Nov
Little Dragon

Little Dragon

Electro soul expérimentale, surf rock et new wave française, le retour de Justice et la redécouverte d’un bijou soul des années 60… C’est la playlist de l’automne.

Little Dragon – Please Turn

Little Dragon est un groupe suédois d’electro-soul qui semble davantage trouver un public à l’étranger qu’en Suède. J’ai parcouru tous les disquaires de Stockholm l’hiver passé, je n’ai trouvé aucun de leurs albums.

C’est grâce à la programmation du festival Music In Mind qui s’est déroulé à Bruges en 2009 que j’ai découvert Little Dragon. Music in Mind est ” un événement musical qui doit littéralement alimenter l’imagination, avec un cadrage envers des actes qui possèdent tous une importante éloquence musicale et/ou un grand pouvoir poètique“. Cette description convient tout à fait à Little Dragon. La douce voix de Yukimi Nagano s’accorde parfaitement avec l’arrangement électronique un peu dissonant pour créer un univers onirique. Ils seront en concert au Botanique le 6 décembre.

La Femme – Sur la Planche

La Femme chante en français, sur des guitares surf rock et des sons new wave. Marlon et Sacha (rien que les prénoms c’est déjà tout un style) viennent de Biarritz et sont à l’origine du groupe. Marlon part à Paris à 15 ans, Sacha le rejoint après, la surfeuse Pandora Decoster leur propose de composer la musique pour son film A New Wave ;  Sur la planche est leur premier morceau. Pour pouvoir se produire en live lors du festival de surf féminin Roxy Jam, le groupe accueille Sam, Noé et Clémence. C’est une vraie formation rock avec une batterie, une chanteuse, des guitares et des synthés. La Femme a déjà sillonné les scènes californiennes où le groupe rencontre un franc succès. Le surf, la vague, de Biarritz à la Californie, tout se tient. Interview de La Femme sur France Culture

Lescop – La Forêt

C’est après avoir avoué mon penchant pour Etienne Daho, qu’une amie me glisse cette vidéo sur Facebook. Mathieu Lescop est totalement new wave et chante en français. C’est tout frais, ça vient de sortir.

Rapture – Come Back To Me

Rapture est en concert le lundi 12 novembre au Botanique à Bruxelles.

Justice – Ohio

C’est peut-être le seul morceau que j’aime bien du dernier album de Justice. Le folk se mue dans l’électro avec brio.

Lee Moses – Bad Girl

LA musique de la B.O. du film L’Apollonide.

Docu radio sur les origines de la house music

10 Sep

Vous y entendrez Dimitri From Paris, David Blot, Pierre Deruisseau, Lady Linn, Jean-Philippe Renoult, Bart Van Neste …

Pour mon mémoire de fin d’études en journalisme, j’ai choisi de parler d’une musique que j’aime beaucoup, la house. C’était une façon de répondre aux adeptes du bon goût musical qui estiment que la house c’est Ibiza et David Guetta et que par conséquent, ce n’est pas très intéressant.

Ce qui est commercial, est populaire et concerne donc la société dans laquelle nous vivons, donc je trouve ça intéressant.

La house semblerait avoir perdu toute crédibilité suite à la tournure commerciale que certains DJs lui ont donnée. 

Plusieurs aspects morcelés de la house on souvent été abordés : l’homosexualité, la drogue, le rituel, la danse, ou bien encore, le développement local de la house dans certains pays (ex. : la french touch en France et l’acid house en Angleterre).

La lecture historique et culturelle de la house que ce travail propose, prend le risque de créer des liens inédits entre ces différentes histoires, mais ne prétend pas retracer une évolution exhaustive.

Il s’agit de réhabiliter historiquement la house en démontrant qu’elle s’inscrit dans le prolongement d’un disco originel, un disco noir et gay. Dans un second temps, il s’agit de réhabiliter qualitativement la house : révéler le fil rouge que constitue la tradition du gospel et qui traverse les musiques afro-américaines (soul, le funk, le disco, house) permet de justifier la portée culturelle importante de la musique afro-américaine dans laquelle s’inscrit la house, et par la même, de donner à la house une place originale au sein des musiques électroniques populaires de danse.

La house occupe une place importante dans la culture populaire car elle a porté une révolution sociale, « la club-culture » dont nous avons hérité aujourd’hui. Mes recherches historiques m’ont amenée à découvrir que la house portait en elle les germes d’une musique électronique commerciale et utilitaire. Son but est de faire danser et elle est vidée de tout message politique complexe. La French touch pourrait être considérée comme une des dérives commerciales de la house.

(Extrait de mon mémoire académique,  La house music : une musique électronique noire. Comment la commercialisation de la house music a t-elle effacé ses origines afro-américaines ?, U.L.B. 2008-2010)

Pour obtenir une copie mon mémoire écrit, contactez moi !

Pantha du Prince sonne les cloches à Oslo

19 Jun

Le producteur allemand de minimal house Pantha du Prince, travaille en collaboration avec un compositeur norvégien sur un projet expérimental. Les deux artistes présenteront cet été à Oslo une pièce musicale réalisée avec un orchestre rythmique de cloches. Pantha du Prince sera aussi à Bruxelles le 24 juin.

Pantha du Prince a récemment occupé l’actualité de la musique électronique avec son titre Stick to my side tiré de l’album Black Noise (2010). L’artiste s’était retiré dans un chalet perché dans les montagnes suisses pour réaliser l’album. Au-delà des ambiances orageuses et sombres, la nature a joué un rôle important dans la composition puisque Pantha du Prince a aussi utilisé des sons enregistrés dans la nature.

La collaboration avec le compositeur norvégien Lars Petter Hagen semble tout à fait s’inscrire dans le style organique de la musique de Pantha du Prince. Le projet acoustique baptisé The Bell Laboratory, explore la rythmique et les réverbérations des percussions mélodiques, devenues sa signature musicale. Utilisant pas moins de 64 cloches, le duo sera accompagné par quatre percussionnistes norvégiens, dont Martin Horntveth de Jaga Jazzist. La première se déroulera le 11 Août lors de l’ Oya festival à Oslo et sera l’occasion originale d’entendre un artiste électronique se produire avec un compositeur contemporain. A suivre !

Pantha du Prince sera à Bruxelles le 24 juin au Mirano, plus d’info ici.

Voici une version encore plus majestueuse de Stick to my side, tiré de l’album XI of BLack Noise sorti en mars 2011 (avec la participation de Walls et Four Tet).

Lars Petter Hagen compose des pièces électro-acoustiques et instrumentales pour des films et des pièces de théâtre. Il est une figure importante dans la musique contemporaine en Scandinavie et en Allemagne. Il a réalisé des installations sonores pour la Maison de Edvard Mucnh à Warnemünde et pour l’Université de Franckfort. Il a travaillé en tant que directeur artistique pour Ultima Festival, Happy Days and Nordic Music Days, des festivals norvégiens. Depuis 2003, il est président de la section norvégienne de la société internationale pour la musique contemporaine (ISCM).

Playlist de l’été : organique, électronique et sexy

2 Jun

Voici la playlist de l’été : organique, électronique et sexy. Imaginez-vous sur un rocher de granit, brûlant à cause du soleil, un vent qui sent la mer et le bruit des vagues. Vous êtes en Suède quelque part sur une île.

Les musiques venant de Suède, et de Scandinavie en général, ont souvent en commun le sens de la mélodie et une tendance mélancolique. Peut-être est-ce la nature, assez dramatique et sauvage qui inspire une certaine émotivité… De l’électronique au punk, ça n’empêche pas que le beat soit bon. Je me rappelle lorsque la première fois j’entends parler du groupe New Order. Leur musique était décrite comme permettant de danser en pleurant. C’est ça.

Harald Björk – Nånting (ndlr : quelque chose)

” J’aime beaucoup Joy Division parce qu’ils avaient cette manière étrange de sonner. C’est brutal mais aussi mélodieux, avec beaucoup de sensibilité.”

Harald Björk débute sur la scène électronique à Stockholm, à l’époque où il y avait encore des free parties dans les bois avec de la psytrance et de la progressive trance. Sa musique a quelque chose d’organique. Pas étonnant. Stockholm est entourée d’eau et de forêts. Un suédois vous dira souvent que ce qui lui manque le plus lorsqu’il part à l’étranger, c’est la nature suédoise.

Paper – Coming from you

La musique de Paper mélange agressivité punk, monotonie krautrock et mélodie pop. Le second album Mischmasch duquel est tiré ce morceau, a été salué par la critique suédoise.

Diskjokke – Folk i farta (ndlr : les gens pressés)

Le DJ norvégien se place dans la lignée des pionniers du nu-disco Lidstrom et Prins Thomas, entre house minimale et italo-disco. Pour son nouvel album Sagara qui sort le 13 juin, Diskjokke  s’est inspiré de la musique indonésienne et a appris la musique de gamelan avec des musiciens locaux sur l’île de Java. Un morceau est en écoute ici. Personnellement, je trouve ça un peu fade. En revanche ce morceau extrait de son album Staying in (2008) est excellent.

Korallreven – Honey mine

Cette chanson m’évoque quelque chose d’océanique. Une sorte d’apesanteur aquatique. Les mouvements sont ralentis,  étouffés. La voix de Victoria Bergsman (chanteuse du groupe The Concretes) résonne en échos. Je dirais même qu’on est à la limite de la pub Ushuaïa. “Korallreven” qui signifie d’ailleurs “récifs coralliens” est formé par Marcus Joons et Daniel Tjäder qui joue au clavier dans le groupe Radio Dept (très bon groupe pop suédois). Leur son est décrit comme “balearic”, cette house primitive qui explose sur les plages d’Ibiza dans les années 80, entre italo-disco et deep house.

Retro/Grade – Reset

Ils ne sont pas suédois, ils viennent d’Angleterre, mais c’est italo-disco et c’est mon coup de coeur.

Playlist du printemps : la tête dans les nuages

2 Apr

A Stockholm, le printemps se fait désirer. Le soleil brille et à travers les vitres d’un café, il peut même faire un peu chaud. Mais dehors les 2 petits degrés refroidissent vite le visage. Réjouissons nous tant que les températures sont positives ! La neige a fondu, on s’extrait doucement de la mélancolie hivernale et en attendant la renaissance du printemps on fantasme sur l’été…

Voici une sélection réalisée à partir de chroniques musicales trouvées dans le journal gratuit de Stockholm “Nöjesguiden”. Sonorités cotonneuses et rythmes amorphes assez surprenant…

How to dress well – Ready for the world (xxxy re-edit)

Apparemment un des remixs les plus téléchargés durant le mois de mars.

Solar Bears – Cub (Keep shelly in Athens remix)

Solaire, aérien, planant.

Maria Minerva – A little lonely

Complètement étrange. Disco ralentie, voix étirée à l’infini en échos. Parfois onirique, parfois dissonant. La chanteuse vient d’Estonie.

Burial, Four Tet & Thom Yorke – Ego

La voix de Thom Yorke sur une house délicate et minimale.

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