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La Suède ne connait pas la crise

15 Mar

Gunnar WetterbergLe site belge rtbf.be fait le point sur la gestion de la crise dans les différents pays européens. La Suède apparaît comme un modèle de réussite économique. A l’heure où certains pays subissent des cures drastiques d’austérité, le pays d’Ikea, de Skype et de H&M affiche un surplus budgétaire de 2%. En réalité, il a déjà dû prendre des mesures pour faire fasse à la crise bancaire entre 1990 et 1992.

Regardez ici la video de l’historien Gunnar Wetterberg : Comment se porte la Suède ? Ci-dessous un résumé de son interview.

La Suède a testé la cure d’austérité

La crise des années 90 était tellement forte que nous avons été contraints de remodeler la Suède, d’introduire des nouveaux instruments de finance. En conséquence, la crise des subprimes n’a pas eu un impact aussi terrible que dans les autres pays, parce que nous nous étions déja préparés à la crise...”

La couronne suédoise était fortement attaquée par des grands financiers comme Soros. On a beaucoup  perdu dans les exportations, on avait un déficit budgétaire de l’Etat de 10 à 12%. Le taux de chômage a augmenté de 2 à 3% pour atteindre 8% en 1992.

On a essayé de rayer le déficit budgétaire, on a diminué les dépenses et augmenté les impôts. Quatre à cinq années ont été nécessaires pour rééquilibrer le budget. On a introduit une loi budgétaire pour obliger l’équilibre du budget ce qui a discipliné les finances publiques.

Si le budget n’est pas équilibré, il n’y a pas de sanctions, mais c’est très difficile politiquement. C’est l’électorat qui punit. Ce sont des gouvernements d’austérité qui ont gagné les dernières élections en Suède.

Des citoyens d’accords

La politique de la social-démocratie qui a fait le succès du modèle scandinave a été remis en question durant la crise bancaire. Toutefois, l’un de ses principes essentiels a été préservé :  l’égalitarisme. Il semblerait qu’il soit garant d’une certaine harmonie politique et économique en Suède.

Le secret des Suédois ? le consensus. Le fait qu’on discute, qu’il n’y ait pas de fortes contradictions sur le plan politique et que les partenaires sociaux s’entendent assez bien.”

“C’est très rare qu’on fasse grève. Ce qui est bien, c’est qu’on a réelle augmentation des salaires, comme dans les années 50 et 60.

La discussion est un outil pacifique que les Suédois utilisent sans modération. On prend un “fika”, un café, on s’installe autour d’une table, dans la salle de détente aménagée par l’entreprise, dont le design en bois et blanc peu original est toutefois apaisant et on discute. On discute pendant des heures, tranquillement, sans couper la parole, sans céder à la tentation de défendre son ego (cf. la loi de Jante), jusqu’à ce qu’on parvienne à tous se mettre d’accord. Agréable ou ennuyeux ?

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Acheter, consommer, jeter. Récupérez !

27 Jun
Exposition Sopor, Nordiska Museet

Exposition Sopor, Nordiska Museet

Garder ou jeter ? Voici le dilemme le plus trivial et le plus quotidien. Que faire des vieux tickets de cinéma, des cours de l’université, d’un vieux pull trop bien, d’un cadeau pourri mais sentimental ? La gestion des déchets est devenue un enjeu écologique très important pour la société. Mais l’acte de jeter est souvent réduit à celui de trier. Pourtant jeter peut-être un geste symbolique et personnel devant lequel on peut se sentir nostalgique, indécis, dégoûté ou angoissé. L’exposition Sopor, “poubelles”, au Nordiska Museet propose une vision très humaine des déchets qui réussit le pari nécessaire de sensibiliser l’opinion.

Chaque Suédois produit en moyenne presque une demi-tonne de déchets par an, soit 500 kg de déchets contre 30 kg il y a un siècle. A l’entrée de l’exposition, deux tas de poubelles représentent proportionnellement la différence. Les poubelles détiennent une place importante dans nos vies.

Sopor, Nordiska Museet - Une femme qui ne peut se séparer de son vieux pull

Sopor, Nordiska Museet – Une femme qui ne peut se séparer de son vieux pull

On parle souvent de la consommation et de son processus, mais rarement de l’acte de jeter. C’est le constat duquel est parti Erik Ottoson Trovalla, un ethnologue suédois qui a collaboré à cette exposition. Il s’est rendu chez des Suédois pour filmer leurs poubelles et a constaté qu’elles suscitaient beaucoup de questions et d’émotions. Comment trier correctement avec tous les types d’emballages ? Que faire des choses dont on ne peut se séparer mais qu’on ne veut pas encore jeter ? Selon l’ethnologue, les gens  gardent des choses qui ont souvent peu de valeur mais auxquelles ils sont attachés par les souvenirs. Les jeter devient alors une souffrance. En attendant, ils les stockent dans une sorte de sas, de limbe pour les déchets en devenir. Finalement, que sont les musées sinon des collections de ce qui auraient pu devenir des déchets ?

L’être humain a une certaine tendance à accumuler des machins, des trucs, des “brols” (comme on dirait en Belgique). Pour lutter contre ce chaos qui s’installe inévitablement chez nous, il faut jeter. Qu’est-ce qui va à la poubelle, qu’est-ce qui va à la récup ? Que peut-on revendre, donner ou offrir ? On se débarrasse aussi de choses qui sont tout à fait en bon état. Mais voilà, on s’en lasse et cela prend trop de place. Sans s’en rendre compte, on consacre beaucoup de temps et d’énergie pour savoir ce qu’on va faire de nos ordures.

Stadsmission a lancé sa collection de sac réalisés à partir de tissus récupérés

Stadsmission a lancé sa collection de sacs réalisés à partir de tissus récupérés

Il fut des époques où on récupérait tout et raccommodait le moindre trou dans une chaussette. Après avoir consommé et jeté en masse, le recyclage et la récupération reviennent à la mode. Parfois une forme d’art à part entière, une véritable philosophie de vie pour certain, c’est surtout un nouveau moyen de consommer, plus écologique et plus économique. A Stockholm, les magasins de seconde main à vocation sociale Stadsmission fournissent une bonne partie des hipsters. On les trouve dans tous les quartiers et on peut y chiner des vieilles fringues, mais aussi des livres, des vinyles, de la vaisselle… En soi rien d’original. Mais la différence à Stockholm, c’est que les magasins Stadsmission sont parvenus à créer une image de marque, tendance et hype. Récemment ils ont lancé une collection de sacs réalisés à partir de tissus récupérés. En plus d’être écologique et durable, le sac en tissu est vraiment l’accessoire de mode ultra-tendance en ce moment.

Ce qui devient un déchet pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre. La radio suédoise P1 diffusait récemment un reportage sur le mouvement dumpstring et freegan, ces gens qui récupèrent de la nourriture dans les poubelles. On estime qu’1/3 de la nourriture en Suède part à la poubelle ce qui fait 900 000 tonnes par an (1,2 million de tonnes en France).

Pour ceux qui se posent des questions face aux ordures, consultez ce site en anglais : http://sopor.blogg.nordiskamuseet.se/en/

STHLM city

23 Jun

Stockholm l’été… Pas toujours facile d’immortaliser l’agitation de la ville mais voici quelques photos qui changent tout de même des natures mortes et des couchers de soleil.

Performance chorégraphique au Moderna Museet

Performance chorégraphique au Moderna Museet

Performance chorégraphique au Moderna Museet

Performance chorégraphique au Moderna Museet

Festival Dans Dakar,  Stockholms Universitet

Festival Dans Dakar, Stockholms Universitet

Festival Dans Dakar, Stockholms Universitet

Festival Dans Dakar, Stockholms Universitet

Götgatan un dimanche après-midi

Götgatan un dimanche après-midi

American style on Götgatan

American style on Götgatan

Fëte nationale près de Tantolunden

Fëte nationale près de Tantolunden

Musiciens vagabonds près de T-Centralen

Musiciens vagabonds près de T-Centralen

Musiciens vagabonds près de T-Centralen

Musiciens vagabonds près de T-Centralen

Seuls au bord de l'eau près de Stadshuset

Seuls au bord de l'eau près de Stadshuset

Kayak en pleine ville

Kayak en pleine ville

Tunnel à Slussen

Tunnel à Slussen

Perchés sur les hauteurs de Södermalm

Perchés sur les hauteurs de Södermalm

Perchés sur les hauteurs de Södermalm

Perchés sur les hauteurs de Södermalm

Métro Zinkensdamn

Métro Zinkensdamn

Musique latino sur Görtgatan

Musique latino sur Görtgatan

Métro Slussen un samedi soir

Métro Slussen un samedi soir

Métro Slussen un samedi soir

Métro Slussen un samedi soir

Crépuscule, les lumières de minuit

23 Jun

Aux alentours du solstice d’été, le soleil ne se couche presque pas en Suède. Aujourd’hui le soleil s’est levé à 03h28 et va se coucher à 22h11. Entre temps la lumière se décline dans un superbe camaïeu de couleurs…

Une application iPhone pour réussir son barbuc

20 Jun

Comment réussir la cuisson de sa merguez ou de sa côtelette de porc ? Quelle sauce choisir pour accompagner les légumes ? Quel fromage griller ? Autant de questions qui surgissent en cette période d’été propice au grillfest, le barbecue suédois.  En Suède on affronte le problème sans tabous. On assume son incertitude et on est avide de bons conseils, les fameux tips. Après le journal spécialisé dans le barbuc, la compilation CD spécial barbuc, il existe désormais des applications iPhone pour réussir son barbecue.

Comme dans beaucoup d’autres domaines, les suédois essayent toujours de s’améliorer et de se perfectionner. On part du principe que tout le monde a le droit d’accéder à des conseils pratiques et on essaye de résoudre les problèmes avec pragmatisme. Comment parler d’alcool avec ses enfants (le System Bolaget, la société publique qui détient le monopole de la vente de l’alcool, diffuse une campagne publicitaire à ce sujet en ce moment), comment mieux faire son jogging, comment bien se comporter dans le métro pour le bien-être de tous etc… Ce qui peut parfois donner lieu à des formulations très pédagogiques, où clairement on se demande si on est pris pour un idiot ou pour un enfant. Mais non, on met de côté sa fierté et son orgueil et on accepte de prendre les bons conseils. Car c’est pour notre bien. Pour le bien de tous, j’ai trouvé rigolo de partager quelques conseils concernant l’art de la grillade.

Que tu sois vétéran ou débutant, les applications barbuc des smartphones peuvent t’aider à être plus efficace et à améliorer ta façon cuisiner“. (Södermalmsnytt).

Voilà 5 tips pour réussir son barbuc :

1- SE PREPARER pour griller en toute tranquilité. S’assurer que tout est prêt dans la cuisine pour éviter de faire des allers retours à droite et à gauche.

2- ATTENDRE qu’il y ait suffisamment de braises et que l’allume-feu ait entièrement brûlé. Cela prend souvent plus de temps que l’on croit (20 à 30 minutes après avoir allumé).

3- LAISSER TOMBER L’ALLUME-FEU CHIMIQUE qui abîme le goût et utiliser plutôt du charbon.

4- N’AYEZ PAS PEUR d’expérimenter, apprenez de vos erreurs et testez volontiers de nouvelles choses…

5-… MAIS PAS lorsque vous avez des invités.

Pour les applications et les sites Internet (en suédois…) :

grillguide.se et igrillmaster.

Le fun peut vous faire changer d’habitude !

14 Jun

Le Suédois Andreas Dahlqvist est à l’origine d’une astucieuse campagne marketing pour Volkswagen. L’idée : rendre quelque chose amusant est le moyen le plus simple pour que les gens changent d’habitude. C’est la “fun theory“. Comment amener les gens à prendre l’escalier au lieu de l’escalor ? Illustration en images avec cette video tournée dans une bouche de métro à Stockholm.

Le standard égalitaire à la suédoise

10 Jun

Ikea et H&M sont deux beaux exemples suédois de standardisation. Pratiques, pas cher et stylisés, les produits qu’ils proposent sont à la portée d’un large public tout en conservant une certaine qualité, ou plutôt, un certain standard.

Si la société suédoise est aujourd’hui en pleine mutation culturelle, elle semble encore marquée par une certaine standardisation qui trouve ses origines dans la politique de la social-démocratie. Partant du principe d’égalité, tout le monde doit pouvoir bénéficier d’un niveau de vie correct… standard.  L’Etat suédois, fort et protecteur (dans les années 50 à 70), a veillé à faire régner ce principe, au point que certain ont qualifié la Suède de dictature égalitaire.

Un logement pour tous

L’exposition Möblerade rum (“chambre meublée”), au Nordiska Museet à Stockholm (“le musée nordique”) raconte l’évolution du logement en Suède sur un siècle. “Boring”, me direz vous. C’est certainement ce qu’a pensé le couple de touristes américains qui a traversé la salle en ligne droite, tout en lançant nonchalamment, “It all looks like IKEA anyway”. Justement.

Un des exemples qui illustre le phénomène de standardisation est la politique du logement instaurée par l’Etat entre les années 30 et 70. Il s’agissait de remplacer les vieux appartements, petits, sombres et insalubres par des logements spacieux et fonctionnels. L’Etat s’était donné la priorité de financer la construction en masse de logements pour fournir à tous un standard décent d’habitation.

Petite anecdote personnelle

Pour moi cette exposition a confirmé beaucoup de mes impressions que j’avais, lorsque petite, je passais mes vacances d’été chez morfar (grand-père maternel) à Stockholm. Son appartement situé dans un immeuble des années 70 était mon premier terrain d’observation de la culture suédoise.

J’ai toujours fait attention à des détails un peu idiots, comme la poignée de porte, la serrure, les ustensiles de cuisine, le porte manteau (oui, je sais ça parait complètements débile). Des petits détails que je rattachais à la Suède parce que je ne les voyais jamais ailleurs. Lorsque je suis rentrée pour la première fois dans l’appartement que je loue actuellement, j’ai reconnu les même éléments : même porte, serrure et poignée, les mêmes boutons dans l’ascenseur, le même porte-manteau à l’entrée…  C’est pas possible, soit je suis monomaniaque, soit il y a quelque chose, ça vient de quelque part. Maintenant je sais d’où.

Le processus de modernisation

Le manque de logement et les conditions sanitaires misérables ont poussé l’Etat suédois à prendre en charge la question du logements dès les années 30. Les appartements étaient vieux, étroits, sans eau courante ni toilettes. L’urbanisme s’est mis au service du social pour construire des quartiers entiers selon le principe de l’époque, le fonctionnalisme : des maisons pouvant accueillir des familles nombreuses au faible revenus et des rues piétonnes. L’exposition de Stockholm en 1930 présente cette nouvelle notion du fonctionnalisme qui comporte un programme social.

C’est aussi à ce moment que les designers suédois attirent l’attention du public sur les nouvelles formes de leurs meubles fonctionnels. La chaise que l’on voit à droite sur la photo, baptisée Eva par son designer Bruno Mathsson est devenu un classique suédois. Le designer aurait trouvé la position assise idéale en s’asseyant sur un tas de neige qui lui inspire la forme de la chaise.

Hemmens forskningsinstitut, Nordiska museet

Hemmens forskningsinstitut, Nordiska museet

Dans les années 40, l’ institut de recherche sur le foyer, Hemmets forskningsinstitut s’applique à mesurer l’énergie dépensée par une femme dans une cuisine. Il s’agissait de faire rentrer la science dans le logement pour rationaliser l’agencement du foyer et le travail à la maison. Cela a permis par exemple, de construire des cuisines plus pratiques pour que la femme au foyer se fatigue moins (no comment).

Les années 50 sont marquées par une forte croyance dans l’avenir, les nouveaux matériaux et les nouvelles techniques : l’inox, le plastique et le grille-pain symbolisent la modernité. Les quartiers fonctionnels deviennent des villes de banlieues avec des espaces verts et des centres commerciaux afin de tout avoir à proximité. A partir de 1950, l’Etat suédois construit à peu près 60 000 appartements par an.

Cette politique du logement continue avec le Miljonprogrammet, “le programme du million” qui prévoit de construire un million de logements entre 1965 et 1974.

Un standard qui aplanit les inégalités et… les différences

Ce processus de modernisation a contribué à construire un standard de vie convenable pour tous en Suède. Est-ce typiquement suédois ? Tous les pays occidentaux ont vécu les “Golden Sixties”. Mais l’Etat suédois s’est réellement concentré pour mener une politique sociale élaborée et prévenante.

Un dernier exemple illustre l’Etat protecteur. Entre les années 30 et les années 60, l’Etat prodigue des conseils dans différents domaines comme la santé, le ménage, les bonnes manières, le travail. Il était par exemple vivement conseillé de manger six tranches de pain par jour, l’équivalent finalement de notre “manger cinq fruits et légumes par jour”. Mais c’était carrément une matière enseignée à l’école : Hemkunskap, “le savoir du foyer”. On y apprend quelle est la hauteur idéale de la chaise pour être bien assis à table, à quoi faut-il penser lorsqu’on déménage, comment faire la vaisselle etc.

Livre d'école sur le savoir du foyer   
Livre d'école sur l'hygiène et la santé

Livre d'école sur l'hygiène et la santé

Kenneth Granholm travaille comme assistant au département religion de la Stockholms universitet. Lorsque je lui demande à quoi croient les suédois, si ce n’est plus en dieu, il me répond : Folkhemmet, “le foyer du peuple” (le mot hem qui veut dire “chez soi”, “à la maison”, n’existe pas en français et démontre déjà que le lieu de vie privé est une notion très importante en Suède).

Un certain standard d’habitation et de vie en général a fait émerger une certaine norme, une certaine uniformité. On peut relier ce phénomène avec la loi de Jante selon laquelle il est mal vu de se distinguer de la masse. Ce sont des aspects que je trouve encore palpables dans la société suédoise, même si cette uniformité tend à s’effacer de plus en plus avec le métissage culturel.

Playlist de l’été : organique, électronique et sexy

2 Jun

Voici la playlist de l’été : organique, électronique et sexy. Imaginez-vous sur un rocher de granit, brûlant à cause du soleil, un vent qui sent la mer et le bruit des vagues. Vous êtes en Suède quelque part sur une île.

Les musiques venant de Suède, et de Scandinavie en général, ont souvent en commun le sens de la mélodie et une tendance mélancolique. Peut-être est-ce la nature, assez dramatique et sauvage qui inspire une certaine émotivité… De l’électronique au punk, ça n’empêche pas que le beat soit bon. Je me rappelle lorsque la première fois j’entends parler du groupe New Order. Leur musique était décrite comme permettant de danser en pleurant. C’est ça.

Harald Björk – Nånting (ndlr : quelque chose)

” J’aime beaucoup Joy Division parce qu’ils avaient cette manière étrange de sonner. C’est brutal mais aussi mélodieux, avec beaucoup de sensibilité.”

Harald Björk débute sur la scène électronique à Stockholm, à l’époque où il y avait encore des free parties dans les bois avec de la psytrance et de la progressive trance. Sa musique a quelque chose d’organique. Pas étonnant. Stockholm est entourée d’eau et de forêts. Un suédois vous dira souvent que ce qui lui manque le plus lorsqu’il part à l’étranger, c’est la nature suédoise.

Paper – Coming from you

La musique de Paper mélange agressivité punk, monotonie krautrock et mélodie pop. Le second album Mischmasch duquel est tiré ce morceau, a été salué par la critique suédoise.

Diskjokke – Folk i farta (ndlr : les gens pressés)

Le DJ norvégien se place dans la lignée des pionniers du nu-disco Lidstrom et Prins Thomas, entre house minimale et italo-disco. Pour son nouvel album Sagara qui sort le 13 juin, Diskjokke  s’est inspiré de la musique indonésienne et a appris la musique de gamelan avec des musiciens locaux sur l’île de Java. Un morceau est en écoute ici. Personnellement, je trouve ça un peu fade. En revanche ce morceau extrait de son album Staying in (2008) est excellent.

Korallreven – Honey mine

Cette chanson m’évoque quelque chose d’océanique. Une sorte d’apesanteur aquatique. Les mouvements sont ralentis,  étouffés. La voix de Victoria Bergsman (chanteuse du groupe The Concretes) résonne en échos. Je dirais même qu’on est à la limite de la pub Ushuaïa. “Korallreven” qui signifie d’ailleurs “récifs coralliens” est formé par Marcus Joons et Daniel Tjäder qui joue au clavier dans le groupe Radio Dept (très bon groupe pop suédois). Leur son est décrit comme “balearic”, cette house primitive qui explose sur les plages d’Ibiza dans les années 80, entre italo-disco et deep house.

Retro/Grade – Reset

Ils ne sont pas suédois, ils viennent d’Angleterre, mais c’est italo-disco et c’est mon coup de coeur.

Olivier Truc, correspondant du Monde en Suède

17 May

Comment devient-on journaliste correspondant ? Faut-il forcément parler la langue du pays que l’on souhaite couvrir ? Olivier Truc ne jure que par l’expérience du terrain. Avant d’être correspondant il est journaliste dans l’âme. Presse, radio, télé, à Montpellier ou à Stockholm il n’a pas de barrières. Juste de la motivation et beaucoup d’estime pour ce métier.

Olivier Truc se prédestinait à être pilote de chasse. Jusqu’au jour où on lui décrit étape par étape à quoi ressemblera sa carrière. Non, il n’avait pas envie d’une vie tracée d’avance. Il a préféré devenir journaliste. “Ce que j’aime avant tout dans ce métier c’est rencontrer des gens et raconter des histoires“. Oui, on peut encore croire à un journalisme qui fait rêver.

LE LOCAL, UNE TRES BONNE ECOLE

Il commence comme bénévole au Midi Libre à Montpellier, un quotidien très local. C’est pour lui une très bonne expérience car il se frotte réellement à l’actualité en étant sur le terrain, en rencontrant les gens. “C’est peut-être à ce moment là que j’ai aussi le plus subi de pressions. Parce que je travaillais dans une ville où tous les gens se connaissent et que je parlais d’eux, de ce qui les touche au plus près. C’est ça l’information de proximité“. Il fait par la suite une formation en alternance au Centre de Formation et de Perfectionnement des Journalistes et travaille pendant deux ans dans un magazine où il s’exerce à faire des reportages. Il consolide son expérience régionale dans des petites rédactions à Montpellier et devient correspondant local pour Libération. “J’ai traité beaucoup de faits divers, mais c’est bien parce que ça oblige à aller vers les gens. Le côté humain est très important et aucune école de journalisme ne peut l’enseigner.”

“SE BLINDER SANS DEVENIR BLASE”

Olivier Truc multiplie les expériences et sans modération. Il a animé une émission pour une télévision locale, fait des sujets pour TF1 et pour la radio RTL, des documentaires pour Arte et France 5, des plateaux pour France 3, France 24 et il a aussi écrit pour La Tribune et le quotidien belge Le Soir. Avec 25 ans de carrière, Olivier Truc peut se targuer de donner quelques conseils. “La difficulté dans le métier de journaliste, c’est de se blinder sans devenir blasé. On ne peut jamais être sûr que la personne qu’on interroge nous dit la vérité. Parfois on se fait avoir. Alors pour se convaincre qu’on n’est pas dupe on devient cynique. Selon moi un bon journaliste doit pouvoir se laisser surprendre.”  Olivier Truc parle en connaissance de cause. En 2006 il publie L’Imposteur, un livre qui retrace l’histoire d’un rescapé français du Goulag. Olivier Truc le rencontre en Estonie et réalise plusieurs entretiens avant de se rendre compte que le rescapé ne dit pas toute la vérité sur son passé. “Je décide alors de faire une contre-enquête et je découvre qu’il s’est inventé une vie de toute pièce pour échapper entre autres aux services secrets du KGB. Son histoire en est devenue d’autant plus fascinante.

UN CORRESPONDANT VIERGE DE TOUT PREJUGES

Olivier Truc débarque à Stockholm en 1994. Par amour. Il rencontre une Suédoise en France et décide de la suivre à Stockholm. Avant de partir il contacte des médias français pour leur proposer des piges sur l’actualité suédoise. Le Point et RTL sont intéressés. Le seul hic, Olivier Truc ne parle pas un seul mot de suédois. “En plus je suis arrivé à un moment où la Suède occupait beaucoup l’actualité internationale puisqu’elle s’apprêtait à rentrer dans l’Union européenne.” C’est là où on reconnait un vrai journaliste : il se débrouille dans toutes les situations et ne se laisse pas impressionner. “La vérité c’est qu’au début j’avais des cours de suédois le matin et l’après-midi je la passais assis à une table avec le quotidien Dagens Nyheter et un dictionnaire à traduire les articles. C’était une période très difficile“. Au début Olivier Truc a dû jongler avec l’anglais mais aujourd’hui il parle couramment le suédois et travaille comme correspondant pour Le Monde depuis 2005. Il estime que le journaliste doit garder une certaine humilité et accepter qu’il ne peut pas tout connaitre sur tout. “On demande au journaliste d’être un expert sur un sujet en 24 heures. Si quelque chose m’échappe, je préfère prendre le temps de poser toutes les questions nécessaires, de faire répéter et même de demander une explication sur un terme suédois que je ne comprends pas. C’est indispensable si on veut être honnête avec l’information qu’on donne“.

PIGISTE POUR PLUS DE LIBERTE

Olivier Truc n’a jamais été salarié et c’est un choix. “Je crois que je ne supporterais pas de travailler tous les jours dans un bureau et de subir l’ambiance d’une rédaction. Je suis très indépendant et le statut de pigiste me convient très bien. Ca me permet de me consacrer à d’autres projets“. Effectivement Olivier Truc est en train d’écrire un livre et il souhaiterait réaliser plus de reportages. Et seule la souplesse d’un emploi du temps d’un pigiste le lui permet. Mais l’instabilité financière est le prix à payer pour cette liberté…

Olivier Truc dégage une force, celle de l’optimisme et de la passion pour le métier qu’il exerce. Le monde des médias apparaît souvent comme une jungle où tout doit aller vite au profit de la performance. Mais Olivier Truc défend un journalisme qui prend le temps de perdre du temps. “C’est le ressenti que le journaliste acquiert sur le terrain qui fait sa force, car elle est irremplaçable“.

Le paradis sur l’eau

27 Apr
Äpplarö, un paradis sur l'eau

Äpplarö, un paradis sur l'eau

L’archipel de Stockholm est un véritable petit bijou de la nature. Des milliers de petites îles jaillissent de la mer Baltique. La plupart sont protégées et certaines constituent des réserves naturelles.

L'archipel

L'archipel

C’est le cas de Äpplarö, qui se trouve au milieu de l’archipel de Stockholm. Une quarantaine d’habitants y vivent et forment une sorte d’association qui s’occupe de l’île.

La nature y est sauvage : marécages, rochers et dalles de granite, forêts de conifères et de feuillus  avec entre autres des chênes, des aulnes, des noisetiers et des tilleuls.

Les habitants ont souvent leurs petits bateaux qui leur permettent de naviguer d’île en île.

Sinon on peut toujours réserver le bateau-taxi qui fait la navette.

Bateau-taxi

Bateau-taxi

Arrivée sur l'île Tackskär

Arrivée sur l'île

La petite cabane ne paye pas de mine, mais elle abrite un système assez sophistiqué d’épuration d’eau pour une des maisons. L’eau de la mer est pompée et acheminée vers la maison et l’eau sale est filtrée et nettoyée dans cette petite cabane pour être rejetée après dans la mer.

Petite plage et petit ponton

Petite plage et petit ponton

Au bord de l'île

Au bord de l'île

La roche, l'eau et la forêt

La roche, l'eau et la forêt

Je comprends enfin pourquoi les suédois ont un si beau bronzage. Le soleil en Suède est très pure et très puissant. Au mois d’avril le vent est encore frais, mais le soleil tape fort. Contre toutes mes attentes j’ai réussi à bronzer.

Un soleil brûlant, un vent frais

Un soleil brûlant, un vent frais

La forêt, son tapis croustillant de branches et pommes de pins sur sa délicate mousse

La forêt, son tapis croustillant de branches et de pommes de pins sur sa délicate mousse

Roseaux

Roseaux

Liselotte a travaillé dans une banque pendant une vingtaine d’années. Il y a un an, elle a décidé de refaire sa vie. Elle s’est installée avec sa famille sur l’île d’Äpplarö pour élever un troupeau de brebis dont elle utilise essentiellement la laine pour faire des fils. C’est une race très ancienne de brebis qu’on trouve dans le nord de la Suède, connue pour sa résistance ce qui permet aux brebis de rester toute l’année dehors.

Les brebis de Liselotte

Les brebis de Liselotte I

Les brebis de Liselotte II

Les brebis de Liselotte II

Les brebis de Liselotte III

Les brebis de Liselotte III

Le courrier arrive dans cette petite cabane.

La cabane aux lettres

La cabane aux lettres

A droite un portrait de Petter Johann Ålhens, le fondateur du grand magasin suédois du même nom. En 1917 il rachète l’île.

Dans la cabane aux lettres

Dans la cabane aux lettres

L'inévitable famille royale

L'inévitable portrait de la famille royale

Arrêt de bateau qui permet d’indiquer lorsqu’on a besoin d’un “lift “.

Le ponton de Äpplarö, "l'île aux pommes"

Le ponton de Äpplarö, "l'île aux pommes"

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