Vibration, la radio électro de Bruxelles diffuse un docu sur la house

29 Nov

Mon documentaire radiophonique sur la house music sera bientôt diffusé sur Radio Vibration.

Si vous n’avez pas encore eu l’occasion de l’écouter, branchez vous sur Vibration 107.2 fm, le dimanche 4 décembre  à partir de 16 heures.

Beyond, un autre drame suédois

23 Nov
Svinalängorna ("Beyond") de Pernilla August

Svinalängorna (“Beyond”) de Pernilla August

Un an après sa sortie en Suède sous le nom original de “Svinalängorna” (le nom d’un quartier pavillonnaire à Ystad en Suède), Beyond, le premier long-métrage de Pernilla August a été présenté en avant-première au cinéma Vendôme à Bruxelles ce mardi 22 novembre.

Je me rappelle encore de l’affiche du film dans les métros de Stockholm. Le doux visage pensif de Noomi Rapace enfouit dans les draps annonçait une sorte de drame moderne, familial, à la fois tragique et horriblement commun, peut-être ennuyeux. Je ne m’étais pas trompée.

Pourtant Beyond a reçu de nombreuses récompenses : il a remporté deux prix à la Semaine de la critique de Venise, il a obtenu le prix de la meilleure réalisation aux Guldbagge, les Oscars suédois, il vient de recevoir le prix du Conseil Nordique et il représente la Suède pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère.

Le film a tout pour convaincre. Le premier rôle (Leena) revient à la nouvelle star hollywoodienne Noomi Rapace qui joue aux côtés de son vrai mari (pour le scoop, ils ont divorcé peu après le film). Le casting est particulièrement remarquable pour les seconds rôles avec la jeune actrice Tehilla Blad dans le rôle de Leena petite, Outi Mäenpää et Ville Vitanen, dans le rôle des parents de Leena.

La réalisatrice Pernilla August fait ses premiers pas dans le cinéma avec le  film Fanny et Alexandre du non moins célèbre cinéaste Ingmar Bergman. Longtemps actrice, elle a voulu passer de l’autre côté de la caméra. Son premier film Beyond est basé sur le roman autobiographique à succès de Susana Alakoski, auteure d’origine finlandaise. C’est là certainement un autre élément qui joue en la faveur du film.

La presse suédoise a salué le travail de la réalisatrice pour sa profondeur, son intensité émotionnelle,  sa capacité à montrer des sentiments complexes, à mêler chaleur et noirceur. Mais au final Beyond m’a paru long alors qu’il ne dure que 99 minutes. Noomi Rapace joue sur le même registre durant tout le film : le visage fermé, tendu, son regard renvoyant la peur d’affronter les souvenirs d’une enfance douloureuse.

Si l’intérêt du film est avant tout de montrer les sentiments de Leena, comment elle apprend à digérer les souvenirs qui resurgissent brutalement, ce qui m’a le plus interpellée, c’est l’histoire de cette famille finlandaise qui immigre en Suède dans les années 70, certainement pour y trouver un avenir plus prospère. L’Etat suédois bienveillant leur loue un appartement tout confort, moderne et standardisé, comme les millions d’autres appartements construits à cette époque pour la classe moyenne (“miljonprogrammet”, voir l’article sur le standard égalitaire à la suédoise). La famille de Leena vit à côté de Suédois, tout le monde est au même niveau. Mais pourtant le sentiment d’exclusion est palpable. Parce qu’ils ont l’accent finlandais, parce qu’ils ont peut-être un style plus “prolo”. Parce que Leena n’a pas un vrai maillot de bain comme tout le monde, mais un tricot de peau trouvé dans une friperie.

Dans le quotidien suédois Dagens Nyheter, la journaliste évoque la thématique essentielle du “petit frère finlandais et du grand frère suédois”  inhérente au récit originel de Susana Alakoski. Rappelons que la Finlande a été dominée par la Suède pendant près de 700 ans avant de l’être par la Russie.

C’est le récit d’un rêve de modernité, du triomphe de l’urbanisation architecturale sur la pauvreté, la misère et la saleté de l’ancien monde. La classe ouvrière n’avait plus rien à revendiquer, une fois quelle avait obtenu une cuisine moderne, un salon avec parquet, un balcon et une salle de bain. Le rêve du “Folkhemet”, le foyer du peuple, accessible pour tous se divisait finalement entre ceux qui arrivaient à être à la hauteur de l’idéal humain, soigneux, assidu, qui va de l’avant et ceux qui échouaient tout de même en dehors de la société, comme la famille de Leena.

Finalement, à quoi tient le drame familial raconté dans Beyond ?  A l’alcool qui engendre la violence, la misère et détruit littéralement une famille. En Finlande il est la première cause de mortalité parmi les 15-64 ans en 2007.

Beyond, est un drame familial assez banal, filmé de façon peu originale, dans lequel on peine à ressentir de l’empathie pour les personnages.

Playlist de l’automne

13 Nov
Little Dragon

Little Dragon

Electro soul expérimentale, surf rock et new wave française, le retour de Justice et la redécouverte d’un bijou soul des années 60… C’est la playlist de l’automne.

Little Dragon – Please Turn

Little Dragon est un groupe suédois d’electro-soul qui semble davantage trouver un public à l’étranger qu’en Suède. J’ai parcouru tous les disquaires de Stockholm l’hiver passé, je n’ai trouvé aucun de leurs albums.

C’est grâce à la programmation du festival Music In Mind qui s’est déroulé à Bruges en 2009 que j’ai découvert Little Dragon. Music in Mind est ” un événement musical qui doit littéralement alimenter l’imagination, avec un cadrage envers des actes qui possèdent tous une importante éloquence musicale et/ou un grand pouvoir poètique“. Cette description convient tout à fait à Little Dragon. La douce voix de Yukimi Nagano s’accorde parfaitement avec l’arrangement électronique un peu dissonant pour créer un univers onirique. Ils seront en concert au Botanique le 6 décembre.

La Femme – Sur la Planche

La Femme chante en français, sur des guitares surf rock et des sons new wave. Marlon et Sacha (rien que les prénoms c’est déjà tout un style) viennent de Biarritz et sont à l’origine du groupe. Marlon part à Paris à 15 ans, Sacha le rejoint après, la surfeuse Pandora Decoster leur propose de composer la musique pour son film A New Wave ;  Sur la planche est leur premier morceau. Pour pouvoir se produire en live lors du festival de surf féminin Roxy Jam, le groupe accueille Sam, Noé et Clémence. C’est une vraie formation rock avec une batterie, une chanteuse, des guitares et des synthés. La Femme a déjà sillonné les scènes californiennes où le groupe rencontre un franc succès. Le surf, la vague, de Biarritz à la Californie, tout se tient. Interview de La Femme sur France Culture

Lescop – La Forêt

C’est après avoir avoué mon penchant pour Etienne Daho, qu’une amie me glisse cette vidéo sur Facebook. Mathieu Lescop est totalement new wave et chante en français. C’est tout frais, ça vient de sortir.

Rapture – Come Back To Me

Rapture est en concert le lundi 12 novembre au Botanique à Bruxelles.

Justice – Ohio

C’est peut-être le seul morceau que j’aime bien du dernier album de Justice. Le folk se mue dans l’électro avec brio.

Lee Moses – Bad Girl

LA musique de la B.O. du film L’Apollonide.

Le canal de Bruxelles en voie de gentrification

25 Oct
Ballade en péniche sur le Canal de Bruxelles organisée par le festival Plein Open Air

Ballade en péniche sur le Canal de Bruxelles organisée par le festival Plein Open Air

De Molenbeek à Cureghem, le canal de Bruxelles longe des quartiers populaires, des zones industrielles et parfois des terrains abandonnés. Des promoteurs immobiliers voudraient réaménager ces quartiers en bordure du canal pour y construire des immeubles de luxe, une marina, un centre commercial…

Si certains de ces projets sont encore hypothétiques, des tours d’immeubles sont en construction près de Tour et Taxis et à l’emplacement des anciens entrepôts Delhaize qui ont été détruits. Tout un passé industriel, toute une vie populaire sont menacés par des projets qui voudraient rendre le canal plus attractif pour une population qui arrive à la gare du midi par l’Eurostar et le Thalys.

Le festival PleinOPENAir organisé par le cinema NOVA se déroule chaque été dans un lieu clé de Bruxelles. L’été 2011, le POA s’est posé près du canal dans le quartier de Cureghem et des abattoirs d’Anderlecht afin de sensibiliser le public sur les transformations qui touchent le quartier.

Pour la maquette de notre émission Sous les pavés… Bruxelles prochainement sur Radio Panik, Aurélie Marchand, Aurélie Brousse et moi-même avons réalisé un reportage d’ambiance sur le festival POA et sur sa thématique liée au canal de Bruxelles

Notre invité Pierre Marissal a ensuite répondu à nos questions sur l’histoire du canal de Bruxelles et les enjeux actuels des projets de transformations.

Pour écouter l’émission : http://www.radiopanik.org/spip/Maquette-de-Sous-les-paves

Musique du générique :

Bibio, S’Vive

Programmation musicale :

La Tria 1070 feat. Cheb Bouaa, Laisse moi vivre

Le Pianc, Farm !

Invité :

Pierre Marissal, géographe à l’U.L.B. (Géographie appliquée et Geomarketing)

Docu radio sur les origines de la house music

10 Sep

Vous y entendrez Dimitri From Paris, David Blot, Pierre Deruisseau, Lady Linn, Jean-Philippe Renoult, Bart Van Neste …

Pour mon mémoire de fin d’études en journalisme, j’ai choisi de parler d’une musique que j’aime beaucoup, la house. C’était une façon de répondre aux adeptes du bon goût musical qui estiment que la house c’est Ibiza et David Guetta et que par conséquent, ce n’est pas très intéressant.

Ce qui est commercial, est populaire et concerne donc la société dans laquelle nous vivons, donc je trouve ça intéressant.

La house semblerait avoir perdu toute crédibilité suite à la tournure commerciale que certains DJs lui ont donnée. 

Plusieurs aspects morcelés de la house on souvent été abordés : l’homosexualité, la drogue, le rituel, la danse, ou bien encore, le développement local de la house dans certains pays (ex. : la french touch en France et l’acid house en Angleterre).

La lecture historique et culturelle de la house que ce travail propose, prend le risque de créer des liens inédits entre ces différentes histoires, mais ne prétend pas retracer une évolution exhaustive.

Il s’agit de réhabiliter historiquement la house en démontrant qu’elle s’inscrit dans le prolongement d’un disco originel, un disco noir et gay. Dans un second temps, il s’agit de réhabiliter qualitativement la house : révéler le fil rouge que constitue la tradition du gospel et qui traverse les musiques afro-américaines (soul, le funk, le disco, house) permet de justifier la portée culturelle importante de la musique afro-américaine dans laquelle s’inscrit la house, et par la même, de donner à la house une place originale au sein des musiques électroniques populaires de danse.

La house occupe une place importante dans la culture populaire car elle a porté une révolution sociale, « la club-culture » dont nous avons hérité aujourd’hui. Mes recherches historiques m’ont amenée à découvrir que la house portait en elle les germes d’une musique électronique commerciale et utilitaire. Son but est de faire danser et elle est vidée de tout message politique complexe. La French touch pourrait être considérée comme une des dérives commerciales de la house.

(Extrait de mon mémoire académique,  La house music : une musique électronique noire. Comment la commercialisation de la house music a t-elle effacé ses origines afro-américaines ?, U.L.B. 2008-2010)

Pour obtenir une copie mon mémoire écrit, contactez moi !

Le journal intime de l’auteur des attentats à Oslo

24 Jul

(Traduction de l’article du quotidien suédois Svenska Dagbladet)

Dans un document de plus de 1500 pages rédigé comme un journal intime, l’auteur décrit les préparations de l’attentat. Pour accomplir seul cette mission qu’il a conçu comme une opération marketing pour son manifeste, le meurtrier s’est drogué aux stéroïdes.

Une heure avant l’explosion des bombes, le document a été envoyé sous forme de mail à une série de personnes, dont le secrétaire du parti finlandais “Sannfinländarna” (parti nationaliste et populiste qui est arrivé en tête lors des législatives en Finlande en avril 2011) à Birkaland, Terhi Kiemundi. Le document mis en pièce jointe dans le mail était titré : Une déclaration européenne d’indépendance. L’auteur est un dénommé Andrew Berwick. Le texte explique comment l’Europe doit se débarrasser des musulmans.

L’auteur a aussi publié sur Youtube une vidéo de douze minutes qui résume le document et dans lequel il apparaît avec une arme automatique. Selon le bureau d’information NTB, ceci devait être le manifeste du meurtrier présumé. Selon les sources de la police, l’homme aurait avoué avoir publié la vidéo sur le net.

Le document décrit comment dans une première étape il a cherché les adresses mail des personnalités et des politiciens de l’extrême droite à travers l’Europe. Le meurtrier aurait réussi à obtenir 5 000 amis sur Facebook et 8 000 adresses mail.

Durant la deuxième étape, au mois d’août 2010, le meurtrier décrit comment il s’est procuré l’uniforme de police qu’il a ensuite caché dans la forêt norvégienne. Durant l’été, il a aussi essayé de se procurer une arme à Prague, sans succès. En décembre 2010, il décide alors d’obtenir en Norvège un permis de port d’armes. Il avait déjà un permis de chasse et une arme de chasse.

“Sur le formulaire d’inscription j’ai écrit “chasser du chevreuil”. Cela aurait été tentant de dire la vérité : “exécuter la catégorie A et B des marxistes culturels et des traîtres multiculturels”, seulement pour voir leurs réactions”, a-t-il écrit dans le journal intime.

Il explique à quels subterfuges il a recours pour obtenir les ingrédients chimiques nécessaires à la fabrication de la bombe. Il précise par ailleurs qu’il a suffisamment de substances explosives pour 20 bombes.

A plusieurs reprises le meurtrier parle d’une nouvelle connaissance rencontrée au sein de l’Ordre des Templiers (ndlr : je ne suis pas certaine de la traduction ici, Templar Knights en anglais) auquel il appartient et dont l’un des fondateurs serait un héros de guerre serbe.

Au mois d’octobre et novembre 2010, il obtient son permis de port d’armes et commande un modérateur de son à 800 euros pour une arme automatique ou semi-automatique.

“Maintenant je suis prêt pour l’étape chimique”. Il commande de la nicotine pure à 99 % sous forme liquide en provenance de Chine. “Cette substance sert à créer une arme mortelle”, explique le meurtrier.

Que fais-je lorsque je ne travaille pas ? Je suis en plein milieu d’une période de stéroïdes et je m’entraîne beaucoup“. Il dit considérer son corps comme plus ou moins parfait et précise qu’il tient à éviter les relations avec les femmes. “Cela pourrait compromettre mes plans et mettre en péril l’opération”.

Dans le document, le meurtrier dit se préparer à être lui-même abattu. Il envisage la possibilité de se réveiller à l’hôpital avec des blessures de tirs, mais cette alternative serait un cauchemar. Parce-que sa famille et ses amis prendraient des distances. Mais ce que le meurtrier redoute le plus, c’est le discours des médias : “ils vont tout faire pour déformer la vérité à propos de moi, à propos de l’Ordre des Templiers et de notre but”, écrit-il avant d’énumérer quelques exemples où il devine ce qui pourrait être rapporté.

Le meurtrier aurait écrit environ la moitié du document. “L’autre moitié est une collaboration avec des individus courageux du monde entier”, écrit-il.

Le meurtrier de 32 ans avoue dans son texte qu’il a failli être démasqué par la copine du propriétaire de la ferme dans laquelle il construisait ses explosifs.

Juste avant l’opération, l’homme se bourre de stéréoïdes et d’anabolisants. Il raconte qu’il est passé de 86 à 93 kilos en trois semaines et qu’il n’a jamais été aussi fort. Pour augmenter son endurance et sa ténacité, il utilise un mélange stimulant de cofféine, d’éphédrine et d’aspirine. Au mois de juillet, il fait part de ses inquiétudes quant à ses valeurs de foie. En même temps, il raconte qu’il a suffisamment de préparation pour 20 jours supplémentaires. Le jour d’après, il craint qu’une dose diminuée de stéroïdes va augmenter son agressivité. Il prévoit alors de se trouver des pillules qui rendent agressif.

Ca serait très utile pour une opération militaire choisie, surtout en combinaison avec des stéroïdes et un mélange d’éphédrine. Cela ferait de moi un surhomme, une armée en un seul homme en deux heures”. L’homme de 32 ans décrit les avantages d’agir seul. “Le vieux proverbe “si tu veux que quelque chose soit fait, fait le toi même” est très pertinent”, écrit-il quelques heures avant l’attentat terroriste. En même temps il souligne le risque de s’isoler de trop. “Tu peux perdre ceux qui t’aiment autour de toi”.

Le meurtrier de 32 ans estime que les attentats terroristes – la bombe dans le quartier parlementaire à Oslo et le massacre à Utöya – doivent être considérés comme une opération marketing qui contribue à faire connaître le manifeste au travers du monde entier.

Le meurtrier présumé aurait travaillé sur le manifeste durant neuf ans. A certains endroits le manifeste prend la forme d’un journal intime où il répond à ses propres questionnements, notamment sur les motifs qui l’ont poussé à préparer les attaques : la participation du gouvernement norvégien au sein de l’OTAN dans les bombardements de la Serbie en 1999.

Les bombardements américains et européens de nos frères serbes étaient complètement inacceptables. Tout ce qu’ils voulaient, c’était repousser l’islam en poussant les albanais musulmans à revenir en Albanie“.

(Source : Svenska Dagbladet)

Acheter, consommer, jeter. Récupérez !

27 Jun
Exposition Sopor, Nordiska Museet

Exposition Sopor, Nordiska Museet

Garder ou jeter ? Voici le dilemme le plus trivial et le plus quotidien. Que faire des vieux tickets de cinéma, des cours de l’université, d’un vieux pull trop bien, d’un cadeau pourri mais sentimental ? La gestion des déchets est devenue un enjeu écologique très important pour la société. Mais l’acte de jeter est souvent réduit à celui de trier. Pourtant jeter peut-être un geste symbolique et personnel devant lequel on peut se sentir nostalgique, indécis, dégoûté ou angoissé. L’exposition Sopor, “poubelles”, au Nordiska Museet propose une vision très humaine des déchets qui réussit le pari nécessaire de sensibiliser l’opinion.

Chaque Suédois produit en moyenne presque une demi-tonne de déchets par an, soit 500 kg de déchets contre 30 kg il y a un siècle. A l’entrée de l’exposition, deux tas de poubelles représentent proportionnellement la différence. Les poubelles détiennent une place importante dans nos vies.

Sopor, Nordiska Museet - Une femme qui ne peut se séparer de son vieux pull

Sopor, Nordiska Museet – Une femme qui ne peut se séparer de son vieux pull

On parle souvent de la consommation et de son processus, mais rarement de l’acte de jeter. C’est le constat duquel est parti Erik Ottoson Trovalla, un ethnologue suédois qui a collaboré à cette exposition. Il s’est rendu chez des Suédois pour filmer leurs poubelles et a constaté qu’elles suscitaient beaucoup de questions et d’émotions. Comment trier correctement avec tous les types d’emballages ? Que faire des choses dont on ne peut se séparer mais qu’on ne veut pas encore jeter ? Selon l’ethnologue, les gens  gardent des choses qui ont souvent peu de valeur mais auxquelles ils sont attachés par les souvenirs. Les jeter devient alors une souffrance. En attendant, ils les stockent dans une sorte de sas, de limbe pour les déchets en devenir. Finalement, que sont les musées sinon des collections de ce qui auraient pu devenir des déchets ?

L’être humain a une certaine tendance à accumuler des machins, des trucs, des “brols” (comme on dirait en Belgique). Pour lutter contre ce chaos qui s’installe inévitablement chez nous, il faut jeter. Qu’est-ce qui va à la poubelle, qu’est-ce qui va à la récup ? Que peut-on revendre, donner ou offrir ? On se débarrasse aussi de choses qui sont tout à fait en bon état. Mais voilà, on s’en lasse et cela prend trop de place. Sans s’en rendre compte, on consacre beaucoup de temps et d’énergie pour savoir ce qu’on va faire de nos ordures.

Stadsmission a lancé sa collection de sac réalisés à partir de tissus récupérés

Stadsmission a lancé sa collection de sacs réalisés à partir de tissus récupérés

Il fut des époques où on récupérait tout et raccommodait le moindre trou dans une chaussette. Après avoir consommé et jeté en masse, le recyclage et la récupération reviennent à la mode. Parfois une forme d’art à part entière, une véritable philosophie de vie pour certain, c’est surtout un nouveau moyen de consommer, plus écologique et plus économique. A Stockholm, les magasins de seconde main à vocation sociale Stadsmission fournissent une bonne partie des hipsters. On les trouve dans tous les quartiers et on peut y chiner des vieilles fringues, mais aussi des livres, des vinyles, de la vaisselle… En soi rien d’original. Mais la différence à Stockholm, c’est que les magasins Stadsmission sont parvenus à créer une image de marque, tendance et hype. Récemment ils ont lancé une collection de sacs réalisés à partir de tissus récupérés. En plus d’être écologique et durable, le sac en tissu est vraiment l’accessoire de mode ultra-tendance en ce moment.

Ce qui devient un déchet pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre. La radio suédoise P1 diffusait récemment un reportage sur le mouvement dumpstring et freegan, ces gens qui récupèrent de la nourriture dans les poubelles. On estime qu’1/3 de la nourriture en Suède part à la poubelle ce qui fait 900 000 tonnes par an (1,2 million de tonnes en France).

Pour ceux qui se posent des questions face aux ordures, consultez ce site en anglais : http://sopor.blogg.nordiskamuseet.se/en/

STHLM city

23 Jun

Stockholm l’été… Pas toujours facile d’immortaliser l’agitation de la ville mais voici quelques photos qui changent tout de même des natures mortes et des couchers de soleil.

Performance chorégraphique au Moderna Museet

Performance chorégraphique au Moderna Museet

Performance chorégraphique au Moderna Museet

Performance chorégraphique au Moderna Museet

Festival Dans Dakar,  Stockholms Universitet

Festival Dans Dakar, Stockholms Universitet

Festival Dans Dakar, Stockholms Universitet

Festival Dans Dakar, Stockholms Universitet

Götgatan un dimanche après-midi

Götgatan un dimanche après-midi

American style on Götgatan

American style on Götgatan

Fëte nationale près de Tantolunden

Fëte nationale près de Tantolunden

Musiciens vagabonds près de T-Centralen

Musiciens vagabonds près de T-Centralen

Musiciens vagabonds près de T-Centralen

Musiciens vagabonds près de T-Centralen

Seuls au bord de l'eau près de Stadshuset

Seuls au bord de l'eau près de Stadshuset

Kayak en pleine ville

Kayak en pleine ville

Tunnel à Slussen

Tunnel à Slussen

Perchés sur les hauteurs de Södermalm

Perchés sur les hauteurs de Södermalm

Perchés sur les hauteurs de Södermalm

Perchés sur les hauteurs de Södermalm

Métro Zinkensdamn

Métro Zinkensdamn

Musique latino sur Görtgatan

Musique latino sur Görtgatan

Métro Slussen un samedi soir

Métro Slussen un samedi soir

Métro Slussen un samedi soir

Métro Slussen un samedi soir

Crépuscule, les lumières de minuit

23 Jun

Aux alentours du solstice d’été, le soleil ne se couche presque pas en Suède. Aujourd’hui le soleil s’est levé à 03h28 et va se coucher à 22h11. Entre temps la lumière se décline dans un superbe camaïeu de couleurs…

Une application iPhone pour réussir son barbuc

20 Jun

Comment réussir la cuisson de sa merguez ou de sa côtelette de porc ? Quelle sauce choisir pour accompagner les légumes ? Quel fromage griller ? Autant de questions qui surgissent en cette période d’été propice au grillfest, le barbecue suédois.  En Suède on affronte le problème sans tabous. On assume son incertitude et on est avide de bons conseils, les fameux tips. Après le journal spécialisé dans le barbuc, la compilation CD spécial barbuc, il existe désormais des applications iPhone pour réussir son barbecue.

Comme dans beaucoup d’autres domaines, les suédois essayent toujours de s’améliorer et de se perfectionner. On part du principe que tout le monde a le droit d’accéder à des conseils pratiques et on essaye de résoudre les problèmes avec pragmatisme. Comment parler d’alcool avec ses enfants (le System Bolaget, la société publique qui détient le monopole de la vente de l’alcool, diffuse une campagne publicitaire à ce sujet en ce moment), comment mieux faire son jogging, comment bien se comporter dans le métro pour le bien-être de tous etc… Ce qui peut parfois donner lieu à des formulations très pédagogiques, où clairement on se demande si on est pris pour un idiot ou pour un enfant. Mais non, on met de côté sa fierté et son orgueil et on accepte de prendre les bons conseils. Car c’est pour notre bien. Pour le bien de tous, j’ai trouvé rigolo de partager quelques conseils concernant l’art de la grillade.

Que tu sois vétéran ou débutant, les applications barbuc des smartphones peuvent t’aider à être plus efficace et à améliorer ta façon cuisiner“. (Södermalmsnytt).

Voilà 5 tips pour réussir son barbuc :

1- SE PREPARER pour griller en toute tranquilité. S’assurer que tout est prêt dans la cuisine pour éviter de faire des allers retours à droite et à gauche.

2- ATTENDRE qu’il y ait suffisamment de braises et que l’allume-feu ait entièrement brûlé. Cela prend souvent plus de temps que l’on croit (20 à 30 minutes après avoir allumé).

3- LAISSER TOMBER L’ALLUME-FEU CHIMIQUE qui abîme le goût et utiliser plutôt du charbon.

4- N’AYEZ PAS PEUR d’expérimenter, apprenez de vos erreurs et testez volontiers de nouvelles choses…

5-… MAIS PAS lorsque vous avez des invités.

Pour les applications et les sites Internet (en suédois…) :

grillguide.se et igrillmaster.

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